L'entrée de Jaguar dans la course de Formule 1 marqua l'arrivée du nouveau millénaire, événement qui fut célébré par une édition spéciale de la XK8, la « Silverstone ». Avec ses jantes en alliage 20", ses pneus Pirelli P-Zero et ses freins Brembo à 4 pistons à étriers en aluminium, la Silverstone n'avait qu'un but : ses performances. Basée sur la version XKR suralimentée de la XK8, elle était équipée du système
CATS (suspension active à gestion électronique) de Jaguar, ainsi que d'un pack tenue de route développé sur mesure par le service d'opérations spéciales de l'entreprise. Seuls 100 véhicules étaient prévus à l'origine et destinés au marché européen : 50 coupés et 50 décapotables.
Mais ces véhicules remportèrent un tel succès que 500 véhicules supplémentaires furent produits afin de répondre à la demande en provenance des États-Unis et du reste du monde. Ces 600 véhicules furent naturellement peints en Platinum Silver pour résonner avec leur nom.
Le modèle Silverstone laissait présager de toutes nouvelles options de performance. La gamme R fut mise à la disposition de la clientèle cette année-là sous forme d'options proposées aux véhicules de série. Parmi les options proposées comptaient des jantes, des freins améliorés et des packs de tenue de route conçus sur mesure pour la XJR et la XKR. Les options R furent développées par la même équipe qui avait construit la XK180 : le service d'opérations spéciales.
Nouvel atelier de conception Lawson au centre d'ingénierie de Whitley
Au milieu de l'an 2000, l'entreprise inaugura un nouvel atelier de conception de pointe construit en hommage à Geoff Lawson, le directeur de la conception qui mourut subitement en 1999. Cet atelier, situé au centre d'ingénierie de Whitley et sous la direction du nouveau directeur de la conception, Ian Callum, avait pour objectif de développer une vision à long terme ainsi que d'explorer les nouveaux concepts et les nouveaux créneaux où Jaguar pourrait s'imposer à l'avenir. Le responsable de l'atelier, Julian Thomson, résuma son objectif de la façon suivante : « Notre travail est de nous demander « Et si... ? »
Introduction de la X-TypeFin 2000, les premiers détails concernant ce véhicule connu pendant si longtemps sous le nom de code X400, furent finalement annoncés. La X-Type, car tel serait son nom, serait mise à la vente en 2001 et permettrait à Jaguar de doubler ses ventes au cours de sa première année. La « petite Jaguar » tant attendue serait une berline à quatre portes et traction intégrale munie d'un moteur V6 2,5 et 3,0 litres. Le peu d'informations révélées au public suscita un intérêt extraordinaire dans le monde entier et un formidable engouement autour de l'introduction du véhicule lors du salon de l'automobile de Genève en 2001.
Lancement du nouveau site webLa fin de l'an 2000 vit également l'introduction du nouveau site Jaguar permettant aux clients de découvrir l'ensemble de la gamme et de construire un véhicule sur mesure en ligne. Le client pouvait désormais accéder à toutes les couleurs et à toutes les options disponibles, lui permettant de visualiser son véhicule « virtuel » conçu exactement selon ses goûts. Des études avaient prouvé qu'un nombre grandissant de clients potentiels en matière de voitures de luxe effectuaient des recherches sur Internet en préparation de l'achat d'un tel véhicule. Le nouveau site
www.jaguar.com constituait un puissant outil de vente.
Salon de l'automobile International de Genève 2001Février 2001 vit l'introduction officielle de la X-Type lors du salon international de l'automobile de Genève. Le véhicule vola la vedette du salon en raison de l'intérêt suscité par le peu de détails fournis avant son lancement. Ceci permit d'effectuer des tests à découvert sans crainte d'avoir à faire à des photographes inopportuns. Son apparition au salon de l'automobile et les tests sur route effectués pour la presse ont confirmé le caractère assurément Jaguar du véhicule et ce, malgré sa taille. Grâce à son style élégant et encastré rappellant instantanément le style Jaguar, le véhicule était immédiatement identifiable ; son garnissage intérieur affichait les niveaux de qualité et de confort ayant fait la notoriété de la marque.
Le premier système de traction intégral de Jaguar : Traction 4Techniquement, la X-Type était réputée pour son système de traction intégrale répartissant la traction entre les roues avant et les roues arrière (40/60 %) grâce à un visco-coupleur. Il s'agissait du premier système de traction intégrale installé sur une Jaguar de série, reflétant ainsi le savoir-faire et l'expérience de Jaguar en matière d'ingénierie. Entre autres caractéristiques du système Traction 4 se trouvaient un support de jambe de force supérieur à deux roulements pour la suspension avant. Ce nouveau design associé à une direction ZF adaptée à la vitesse définit de nouvelles normes pour tous les véhicules à traction intégrale.
Moteurs V6 2,5 et 3,0 litresLa X-Type était équipée de moteurs V6
légers à 4 cames de 2,5 et 3,0 litres capables de produire la meilleure puissance spécifique de cette catégorie. Ces moteurs ont été spécialement conçus par les ingénieurs Jaguar dans l'objectif d'égaler les niveaux de qualité exigés par l'entreprise et ayant fait la notoriété de leurs précurseurs, les légendaires XK et V12.
Conçu pour une clientèle plus jeune et plus diversifiée, la gamme X-Type a débuté avec le moteur V6 de 2,5 litres capable d'une puissance de 194 ch, et fut renforcée par le moteur 3,0 litres Sport d'une puissance de 227 ch. Forte des excellentes critiques qu'elle reçut au salon de Genève puis de la presse, la X-Type fut mise à la vente en mai en Grande-Bretagne puis peu de temps après sur les autres marchés. La date de mise à la vente fut suivie de près par l'inauguration officielle de l'usine de Halewood, laquelle avait été transformée en vue de répondre aux normes Jaguar en matière de qualité et de fiabilité et d'offrir cette fierté du produit propre à chaque usine de production Jaguar.
Production de la 1 500 000e Jaguar
Cette fierté fut flagrante en juillet lors de la production de la 1,5 millionièmme Jaguar, une berline XJ8, dans la plus ancienne usine Jaguar, Browns Lane, à Coventry. Il fallut presque soixante ans à l'entreprise depuis sa date de création pour atteindre un tel volume de production. Mais la vitesse de production de celle-ci laissait présager que ce chiffre serait doublé en moins de dix ans.
Coupé R conceptuel exposé au salon de l'automobile de Francfort en 2001En septembre, le salon de l'automobile de Francfort vit les premiers résultats des travaux réalisés par l'atelier de conception avancée Geoff Lawson : un coupé musclé conçu pour afficher les prochaines tendances possibles en matière de style et pour évaluer la réponse du public vis à vis de ces tendences. Ce deux portes quatre places baptisé R-Coupe était muni d'un changement de vitesse à palettes, de phares suivant la direction, de dispositifs de déverrouillage électroniques des portières et d'un système de commande vocale pour un grand nombre d'accessoires. Cette dernière caractéristique permit le développement d'un système introduit dans les S-Type de série. N'étant pas destinée à être fabriquée en série, la R-Coupe pouvait donc présenter des caractéristiques pas forcément très pratiques mais superbement stylées avec, notamment, des finitions intérieures plaquées argent et un revêtement de sol en cuir.
Nomination de Mike Beasley au poste de directeur-général
A la fin du mois d'octobre 2001, Jonathan Browning démissionna de son poste de directeur général et fut remplacé par Mike Beasley, l'homme en charge de la production de Jaguar depuis la privatisation de l'entreprise. Afin d'optimiser les synergies entres les trois marques de luxe britanniques du groupe Premier Automotive, un comité d'exploitation visant à superviser les activités de Jaguar, Aston Martin et Land Rover a été mis en place. Le directeur-général de Land Rover, Bob Dover, responsable du projet XK8 au cours de ses fonctions chez Jaguar, en fut nommé président.
Elargissement de la gamme S-Type
2001 vit l'annonce d'un important développement au sein de la gamme S-Type, laquelle connut d'importantes modification au niveau de son châssis, notamment avec l'ajout d'une nouvelle suspension à l'avant et la modification de la suspension arrière. La carrosserie fut allégée et renforcée et, pour la première fois, une version R Performance de ce véhicule était proposée. La S-Type était désormais disponible avec un moteur XK8 4,2 litres plus puissant. La version R était équipée d'un compresseur de suralimentation ; un tel moteur était désormais en mesure de fournir une puissance de 390 ch, faisant ainsi de la Type-S R la berline Jaguar la plus rapide de l'époque. Les modèles 4,2 litres furent également équipés d'un frein de stationnement électronique activé par un bouton présent sur le tableau de bord au lieu d'un levier au sol. La production totale pour l'année 2001 dépassa les 100 000 véhicules, du jamais vu pour l'entreprise. L'élargissement de la gamme X-Type et l'amélioration de la S-Type contribua à l'augmentation de l'objectif pour 2002, un défi relevé dans la plus grande confiance.
Collection Jaguar
2002 commença avec l'annonce de la constitution d'une collection de véhicules légendaires aux États-Unis par Jaguar, dans le même esprit de celle figurant au Jaguar Daimler Heritage Trust. Ce nouveau centre, qui portera le nom de Jaguar Heritage Collection, aura pour objectif de former une collection regroupant les véhicules ayant joué un rôle important dans le développement de Jaguar sur son principal marché à l'exportation. Ces véhicules commémorant le patrimoine de Jaguar seraient mis à la disposition des concessionnaires Jaguar d'Amérique du Nord à des fins d'exposition.
Nomination de Mark Fields au poste de directeur général de Premier Automotive Group
En avril, le Dr Wolfgang Reitzle démissionna de ses fonctions de directeur général du Premier Automotive Group afin d'occuper un poste important dans l'industrie allemande. Mark Fields, récemment à la tête de Mazda Motors Corporation, fut nommé en tant nouveau directeur général de ce groupe.
Introduction de la toute nouvelle XJ au salon de l'automobile de Paris en 2002En septembre, le salon de l'automobile parisien vit l'introduction d'une toute nouvelle gamme de berlines de nouvelle génération en remplacement de la gamme XJ8 existante. La nouvelle XJ, développée sous le nom de code X350, était le premier véhicule de série à utiliser de l'aluminium dans la plupart de ses composants. Elle constitue une avancée considérable pour Jaguar comme pour l'ensemble de l'industrie automobile.
Fabrication de la XJ en grande partie à base d'aluminiumL'aluminium est un matériau posant un grand nombre de problèmes aux ingénieurs mais offrant des avantages uniques aux conducteurs comme aux propriétaires des véhicules. Les ingénieurs de Jaguar étaient déterminés à ne pas se laisser décourager par les différents problèmes et à créer un véhicule mettant en application de façon optimale la technologie du vingt-et-unième siècle. La structure de la carrosserie intègre une technologie de collage par rivets utilisée pour la première fois dans l'industrie automobile, avec des rivets auto-perçants et un adhésif époxyde aérospacial collant les compressions d'aluminium, les moulages et les extrusions. L'utilisation d'aluminium en grande quantité permit d'alléger la nouvelle XJ de quelques 200 kg par rapport au modèle précédent malgré l'augmentation de sa longueur, de sa hauteur et de sa largeur par rapport à son prédécesseur, améliorant ainsi le dégagement à la tête, aux jambes et aux épaules de tous les occupants. En plus d'une réduction du poids total de l'ordre de 40 % par rapport à la XJ précédente, la rigidité de la carrosserie du nouveau véhicule a été améliorée de 10 à 15 %, améliorant ainsi de façon considérable la résistance et la maniabilité du châssis.
La toute nouvelle XJ : Plus résistante, plus rapide, plus sûre et plus intelligente
Le nouveau véhicule est équipé du moteur V8 4,2 litres existant disponible en version suralimentée ou naturellement aspirée. Des modèles équipées des nouveaux moteurs V8 3,5 litres et V6 3,0 litres sont également disponibles. Tous les moteurs sont reliés à une transmission automatique à 6 vitesses. Autre innovation : la suspension pneumatique autonivelante, installée en série sur tous les modèles en association avec le système
CATS. Un grand nombre de technologies électroniques figurent également sur le véhicule, notamment une commande de stabilité dynamique, un régulateur automatique de vitesse asservi avec une fonction « Danger Devant » et le système de retenue adaptable de Jaguar introduit pour la première fois sur la XK8, modulant le déploiement des airbags passagers afin de l'adapter à la taille et à la position du passager.
Le style du nouveau véhicule affiche clairement sa parentée avec Jaguar. Ce véhicule conçu en tant que voiture de luxe en a toute l'envergure. Ses proportions, son allure ainsi que ses qualités dynamiques lui confèrent une véritable présence sur la route. La « XJ
Aluminium » est la septième génération de Jaguars à porter le sigle XJ. Le premier véhicule de cette série fut lancé en 1968. Au moment de la mise en vente du nouveau modèle en 2003, quelques 800 000 véhicules avaient été fabriqués.
100 000e X-Type vendueIntéressante coïncidence entre l'arrivée de la nouvelle berline spacieuse dans les salons d'exposition et la 100 000e vente de X-Type.
Nouveau terminal ferroviaire à Castle BromwichEn mars 2003, Sa Majesté la Princesse Royale, la Princesse Anne, inaugura le nouveau terminal ferroviaire de l'usine de Castle Bromwich. Ce nouveau terminal allait servir de point de chargement des voitures destinées à l'exportation et soulagerait ainsi de façon considérable le système routier britannique fortement congestionné.
Nomination de Mike Wright au poste de directeur général de Jaguar
En milieu d'année 2003, Mike Beasley quitta ses fonctions de directeur général, pour être remplacé par Mike Wright. Mike Beasley avait rejoint Jaguar en 1974 en tant que directeur de l'ingénierie centrale et des produits. Il fut ensuite nommé directeur d'usine, directeur de la fabrication et, en 1999, directeur administratif de la fabrication et de l'ingénierie. Il fut nommé directeur général en octobre 2001.
Introduction des tous premiers véhicules Jaguar à moteur dieselEn juin 2003, une annonce commune à Ford, propriétaire de Jaguar, et PSA Peugeot Citroën indiqua la construction de deux nouveaux moteurs diesels autour desquels seraient construites les toutes premières Jaguar diesel. Ces deux nouveaux moteurs 2 litres 4 cylindres issus de la collaboration entre les entreprises française et américaine, proposeraient une alternative au moteur essence 2,0 litres de la Type-X et au moteur V6 suralimenté 2,7 litres, lequel serait introduit avec la S-TYPE à partir de 2004.
Ces deux moteurs équipés de la dernière technologie diesel à rail commune furent spécialement créés en réponse aux exigences des acheteurs de véhicules de luxe, avec de très faibles niveaux sonores et des performances raffinées. Le raffinement, le couple élevée et la faible consommation en carburant des moteurs diesel modernes les ont rendu très populaires en Europe. L'accès de Jaguar à un marché plus diversifié fit de l'option diesel un élément important dans la gamme de produits de l'entreprise.
Introduction de la voiture de course JP1L'été 2003 vit l'arrivée d'une nouvelle voiture haute performance propulsée par un moteur Jaguar. Jonathan Palmer, l'ancien pilote de course devenu entrepreneur en matière de sports motorisés, lança la JP1, une voiture de course destinée à permettre à tout conducteur de se familiariser avec les sensations d'une véritable voiture de course sur circuit fermé. Conçue dans le style d'une voiture de course telle que celles vues au Mans, la JP1 est propulsée par un moteur V6 3,0 litres similaire à celui utilisé sur la X-TYPE. Le moteur a été modifié par Cosworth, l'entreprise fabriquant les moteurs de Formule 1 de Jaguar, afin d'en augmenter la puissance et le couple. La JP1 est un véhicule à propulsion arrière et à moteur central équipé d'une boîte de vitesse séquentielle à six rapports typique des voitures de course. Sa suspension de compétition entièrement réglable est montée sur un châssis composé de tubes en acier et recouvert de panneaux en fibre de verre. Son incroyable légèreté (650 kg seulement) lui permet de passer de 0 à 100 km/h en 3,6 secondes uniquement. Cette véritable voiture de course a été conçue pour un usage sur circuit uniquement, limité au Palmer's Autodrome situé à proximité de Bedford, où les plus férus peuvent observer des véhicules hautes performances opérer sous des conditions contrôlées.
Ouverture de nouvelles infrastructures de test à Nürburgring, en Allemagne
Pendant que la JP1 s'élançait sur un circuit privé, Jaguar ouvrait ses propres locaux en bordure de l'un des plus célèbres circuits de course au monde, le circuit de Nürburgring, en Allemagne. Malgré le fait que ce circuit de 22,8 km ne soit plus utilisé pour les grandes courses internationales, le « Ring » est devenu un circuit de test de classe mondiale où se côtoient les plus grands fabricants automobiles. Les centaines de virages, de montées et de descentes de ce circuit légendaire permettent aux ingénieurs de tester les prototypes en poussant les véhicules à l'extrême, d'une façon impossible à reproduire en milieu routier normal en raison de la circulation et des législations routières. L'acquisition d'un atelier et d'infrastructures de test en Allemagne permettra à Jaguar de tirer tous les avantages offerts par le circuit de Nürburgring en matière de test.
Salon de l'automobile de Francfort 2003Le salon de l'automobile de Francfort tenu en septembre 2003 fut très important pour Jaguar. Durant celui-ci, la X-TYPE Estate, dernière née de la gamme X-TYPE, fit sa première apparition publique. Comme les nouveaux modèles à moteur diesel, ce tout premier véhicule break de Jaguar fut développé en réponse à une évolution des tendances sur le marché des X-TYPE. Jaguar réserva également une autre surprise au public avec l'introduction d'un autre véhicule conceptuel tout droit sorti de l'atelier de conception avancée : la RD-6. Les véhicules break représentent plus d'un quart des ventes du marché de la X-TYPE et la clientèle de Jaguar pouvaient fort justement s'attendre au lancement d'un véhicule associant une carrosserie spacieuse et adaptable aux qualités ayant fait la notoriété de la X-TYPE. La nouvelle Estate basée sur la berline X-TYPE affichait un style unique et une structure modifiée au niveau de l'arrière des pilliers en B, notamment au niveau des portières arrière et du pavillon. Une fois la banquette arrière repliée, la X-TYPE Estate offrait un volume de charge bien plus important que toutes ses rivales allemandes. L'ensemble de la gamme est équipé en série du système de traction intégrale ; ces véhicules sont compatibles avec toutes les options de moteur disponibles, des moteurs à essences 2 litres versions essence ou diesel au moteur V6 3,0 litres. Grâce à son format et à sa capacité en réponse à tous les besoins d'une famille, ainsi qu'à son prix concurrentiel, la Estate permet à une clientèle encore plus diversifiée d'accéder au plaisir d'avoir une Jaguar.
Concept R-D6Cette voiture conceptuelle témoignait des « nouvelles tendances » en matière de design de la maison Jaguar. Celles-ci prirent la forme d'un coupé à 4 places à moteur monobloc et à 4 portières en rupture avec le style traditionnel des coupés. À l'exception de sa grille similaire à celle de la S-TYPE actuelle et des anciennes voitures de course C et D-TYPE, le design de la R-D6 était loin de toutes les idées stylistiques associées à Jaguar. Ce véhicule plus court qu'une XK8 malgré sa banquette arrière était muni de quatre roues imposantes de 21" de diamètre et disposait de porte-à-faux courts à l'avant comme à l'arrière, mettant en valeur son allure puissante et musclée.
L'intérieur, quant à lui, respectait le style Jaguar traditionnel ; ses riches matériaux (cuir fin et bois poli) conféraient à l'habitacle un aspect accueillant et confortable. Les matériaux et les styles utilisés étaient cependant tout à fait typiques du XXIe siècle, avec un design « plus que contemporain », comme le décrivait Ian Callum, le directeur de la conception. Elles affichaient des montants en
Aluminium et un garnissage usiné, ainsi qu'un cuir noir et un fini en noyer américain au niveau des portes, du tableau de bord et même du sol. Les portières arrière étaient articulées à l'arrière, à la mode de certaines voitures des années trente, et le capot était articulé sur le côté, comme sur la E-TYPE.
Pour mettre en valeur la vision d'avant-garde avec laquelle elle avait été conçue, la R-D6 était équipée du moteur V6 2,7 litres suralimenté annoncé en milieu d'année 2003 et destiné au modèle S-TYPE 2004. Son moteur diesel offrait un couple bien plus important que celui du V8 4,2 litres essence. Aussi n'était-il pas surprenant que la R-D6 fût capable d'une accélération de 0 à 100 km/h en moins de six secondes. Une puissance maximale de 239 ch permettait au véhicule d'atteindre une vitesse de 250 km/h avec limitation électronique.
Nomination de Joe Greenwell au poste de président-directeur général de Jaguar et Land Rover
Ce même mois de septembre vit d'autres changements au niveau de la direction en raison du départ à la retraite de Bob Dover. Son successeur, Joe Greenwell, avait rejoint Jaguar vingt ans plus tôt. Après avoir occupé des postes à responsabilité en matière de vente et de marketing, de communications et de relations publiques auprès de Jaguar et de Ford, il quitta la position de Vice-Président Marketing Mondial qu'il occupait à Détroit pour reprendre le chemin de Coventry, où il avait débuté sa carrière chez Jaguar.
Salon international de l'automobile nord américain 2004Le premier nouveau modèle introduit en 2004 fut la S-TYPE de troisième génération qui fut ses débuts au salon international de l'automobile Nord Américain à Détroit en janvier. Les nouvelles modifications accompagnant cette nouvelle version du véhicule de gamme moyenne de Jaguar s'inscrivaient dans la continuité des améliorations apportées au châssis fin 2001. Elles lui conféraient une allure plus nette, plus aérodynamique et plus musclée. L'introduction d'un nouveau capot en
Aluminium plutôt qu'en acier permettait d'alléger le véhicule et d'améliorer la répartition du poids avant/arrière, réduisant le poids reposant sur les roues avant afin d'augmenter l'équilibre et la maniabilité de la voiture. En plus du nouveau capot, la révision des panneaux extérieurs de la carrosserie permit de renforcer le montage des panneaux et d'améliorer la qualité. L'habitacle connut également des changements. Le plus flagrant fut l'introduction du choix de l'aluminium, en plus de celui du bois, au niveau des panneaux de la planche de bord sur les modèles les plus sportifs. Le léger reflet de ce métal léger évocait les anciennes voitures de sport construites par Jaguar.
La suspension avait subi de subtiles modifications mais, dans leur ensemble, tous ces changements eurent une influence considérable, ajoutant au confort et au raffinement du véhicule. La gamme de moteur restait tout aussi vaste, des moteurs V6 2,5 et 3,0 litres en
Aluminium au V8 4,2 litres suralimenté de la S-TYPE R. Mais l'un des principaux changements fut l'introduction dès le mois de juin du moteur diesel V6 biturbo de 2,7 litres annoncé l'année précédente. Celle-ci visait à rendre la S-TYPE encore plus populaire sur les marchés européens.
Salon de l'automobile de Genève 2003
Deux mois plus tard, à Genève, Jaguar annonça une fois de plus d'importantes mises à jour touchant, cette fois-ci, la gamme XK. Tout au long de leur existance, les XK8 coupe et décapotables avaient fait l'objet de constantes améliorations, tout particulièrement depuis 2001, mais l'année modèle vit l'introduction de changements significatifs au niveau des lignes extérieures du véhicule dans l'objectif de donner au véhicule un aspect plus contemporain. La révision de l'avant et de l'arrière fut accompagnée de nouveaux bas de caisse, de nouvelles roues et d'un nouveau garnissage. Combinées aux importantes améliorations apportées en 2001 au circuit électronique du véhicules et au puissant moteur de 4,2 litres suralimenté de la XKR, capable d'une puissance de 390 ch, ces nouvelles caractéristiques redonnèrent un nouveau souffle à la XK8 dans le secteur des voitures de sport de luxe du marché.
Salon de l'automobile de New York 2003Avec l'arrivée du printemps, ce salon de l'automobile vit l'introduction d'un nouveau modèle Jaguar et d'une autre voiture conceptuelle stylée. En effet, la version à long empattement de la berline XJ en
Aluminium fit son apparition. Cette version affichant un empattement 12,5 cm plus long que celui de la XJ standard et offrant un dégagement aux jambes encore plus spacieux aux passagers arrière sera mise en vente à l'automne 2004. Cette version longue ne pèsait que 24 kg de plus que le modèle à empattement standard et 200 kg de moins que la XJ précédente. Elle était également considérablement plus légère que toutes ses concurrentes dans le secteur de la berline de luxe à long empattement et ce, malgré le fait qu'elle présentait l'empattement et la longueur totale les plus importants de sa catégorie.
Concept Eight de JaguarPour accentuer tout le potentiel de sa nouvelle XJ, les concepteurs du studio de conception avancée de Jaguar ont créé la Concept Eight, une voiture conçue, non pas pour les affaires mais pour « un luxe suprême pendant ces nuits qui n'en finissent pas ». Ce véhicule destiné aux sybarites est équipé, non pas de prises pour ordinateurs portables, mais de flûtes à champagne en cristal de Waterford ingénieusement intégrées dans l'habitacle. Vous ne trouverez pas de lampes de lecture qui vous permettront de lire les tout petits caractères de la presse financière, mais une lumière rouge unique diffuse réhaussant l'ambiance intérieure et disparaissant dans l'air de la nuit via un plafond entièrement constitué de verre. Et, bien sûr, comme les flûtes à champagne ne servent pas à grand chose sans le champagne, un refroidisseur de bouteilles est intégré à la console centrale.
Ce véhicule est sans aucun doute conçu autour de ses passagers, tout particulièrement des deux occupant les luxueux sièges arrière. Mais c'est avant tout une Jaguar. Ce qui signifie qu'elle se concentre toujours sur son conducteur. Son moteur suralimenté de 4,2 litres lui permet d'atteindre les 250 km/h, point auquel le circuit électronique se coupe pour rappeler au conducteur que même une Jaguar a ses limites.
Introduite quatre-vingt-deux ans après la création de l'entreprise par le jeune William Lyons, la Concept Eight constitue un parfait exemple de l'application encore de nos jours de sa philosophie et de ses exigences. Élégante, luxueuse, puissance, excellente à conduire et quelque peu coquine... Jaguar à l'état pur. Sir William l'aurait approuvée.
Nomination de Bibiana Boerio au poste de directeur-général de Jaguar
En juillet 2004, Bibiana Boerio, « Bibie », vint rejoindre l'entreprise en tant que directrice générale de Jaguar Car, après un an au poste de directrice des stratégies et des finances auprès de Ford Motor Co. International Operations. Avant celà, elle occupait les fonctions de vice-président administratif de Ford Credit et de directrice financière entre octobre 2000 et avril 2003, dans le cadre desquelles elle contribua au développement, au lancement et à la mise en place du plan de revitalisation de Ford Credit. Entre août 1995 et octobre 2000, elle occupait le poste de directeur des finances auprès de Jaguar Car au sein duquel elle assurait le soutien financier et fournissait des stratégies commerciale quant à la conception, au développement, à la fabrication et à la vente des véhicules de luxe de Jaguar dans le monde entier.