Record du monde à la voile : une affaire d'équilibre
De nos jours, en matière de records à la voile, l'équilibre tient une place centrale. David Fuller, rédacteur au Yacht Racing Business, nous en explique les raisons.
De nos jours, en matière de records à la voile, l'équilibre tient une place centrale. Il s'agit aussi bien d'équilibrer les décisions stratégiques, de trouver le juste milieu entre vitesse et sécurité du bateau ou, tout simplement, de l'équilibre physique de l'homme sur une plate-forme se déplaçant dans les trois dimensions.
Brian Thompson faisait partie de l'équipage du trimaran Banque Populaire V qui vient de battre le record du Trophée Jules Verne de navigation à la voile autour du globe. Il a expliqué à Yacht Racing Business qu'être toujours à fond n'était pas nécessairement la meilleure solution pour être le plus rapide.
« Une tentative de record comme celle du Jules Verne est une affaire d'équilibre. On ne peut pas aborder un tour du monde comme un tour de qualification en régate.
En voile, l'objectif est aussi de terminer avec un bateau en parfait état. C'est probablement assez proche du Paris-Dakar : vous ne savez pas exactement ce qui vous attend et vous devez gérer votre vitesse de manière à être capable de franchir tous les obstacles. »
Lors de la dernière traversée, l'équipage a dû trouver la vitesse idéale permettant de progresser suffisamment sans être stoppé par les vagues.
« Lorsque le vent vous pousse, vous allez plus vite que les vagues. Vous devez les doubler. Si les vagues se déplacent à 17-20 nœuds, vous rencontrerez des difficultés si vous cherchez à les franchir à 40 nœuds.
À 40 nœuds, soit vous enfournez, soit vous sautez par-dessus la vague. Vous devez trouver la vitesse la plus équilibrée. Dans notre cas, la bonne vitesse était de 35 nœuds.
Une fois, nous nous sommes laissés surprendre. Nous descendions une vague à 48 nœuds. Lorsque nous avons abordé la suivante, nous sommes revenus à 28 nœuds en deux secondes. Nous avons été stoppés net. Les proues ont plongé dans la vague sans que le bateau ait eu le temps de se relever. »
Se maintenir et se déplacer sur une plate-forme évoluant dans les trois dimensions tient plus du surf que de la navigation.
« Le bateau peut se déplacer dans toutes les directions, ou presque. À gauche, à droite, en avant, en haut, en bas et surtout, dans plusieurs directions à la fois. On est loin d'un gros ferry dont on peut anticiper le tangage ou le roulis.
Tenter de rester immobile est un excellent exercice de stabilité. Vous avez vraiment envie de vous accrocher à quelque chose. »
David Fuller est un professionnel du marketing vivant à Londres. Il est rédacteur au Yacht Racing Business, une source d'informations de niveau mondial en matière de compétition à la voile : www.yachtracing.biz.
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Photo d'en-tête : Certains droits réservés (CC by 3.0) de Nouhailler
Photo de Brian Thompson : B. Stichelbaut